1804, le jour où Haïti est devenue libre
Treize ans de guerre, une armée d’anciens esclaves, et la naissance du premier État noir indépendant du monde.
Treize ans pour arracher une liberté
Tout commence en août 1791, dans le nord de Saint-Domingue. L’insurrection des esclaves de la colonie la plus riche du monde ne s’arrêtera plus. Pendant treize ans, les insurgés affrontent tour à tour les colons, les Espagnols, les Britanniques, puis l’armée envoyée par Bonaparte pour rétablir l’esclavage.
Toussaint Louverture s’impose d’abord comme chef militaire et politique. Capturé et déporté en France, il meurt au fort de Joux en 1803. La lutte se poursuit sans lui, sous le commandement de Jean-Jacques Dessalines.
En novembre 1803, la bataille de Vertières scelle le sort de l’expédition française. Ce qui restait de l’armée coloniale quitte l’île.
Aux Gonaïves, un pays prend son nom
Le 1er janvier 1804, à Gonaïves, l’indépendance est proclamée. Le nom de Saint-Domingue disparaît. Le territoire reprend celui que lui donnaient ses premiers habitants : Ayiti, terre montagneuse en langue arawak, devenu Haïti.
Le geste n’a rien d’anodin. Reprendre un nom taïno plutôt qu’inventer un nom nouveau, c’était refuser l’héritage colonial et se rattacher à ce qui existait avant lui.
Dessalines devient gouverneur général à vie, puis se fait proclamer empereur dans l’année. Le pays existe. Presque personne ne veut le reconnaître.
La première république noire
C’est le seul cas connu d’une révolte d’esclaves ayant abouti à la fondation d’un État souverain. Une population arrachée à l’Afrique, réduite en esclavage puis armée contre son gré, venait de battre l’armée la plus puissante d’Europe et de fonder sa propre nation.
L’événement terrifie les puissances esclavagistes, qui isolent le nouvel État pendant des décennies.
En 1825, la France accepte de reconnaître l’indépendance en échange d’une indemnité colossale destinée à dédommager les anciens propriétaires. Haïti mettra plus d’un siècle à s’en acquitter.
C’est aussi pour cela que cette histoire est peu enseignée. Une victoire de cette ampleur dérangeait trop de monde pour être racontée.
D'où viennent le noir et le rouge
En mai 1803, au congrès de l’Arcahaie, Dessalines arrache la bande blanche du drapeau français. Ne restent que le bleu et le rouge, symbole d’une alliance contre le pouvoir colonial que le blanc représentait. C’est encore le drapeau d’Haïti aujourd’hui.
Le noir et le rouge viennent d’ailleurs. La Constitution impériale du 20 mai 1805 en fait les couleurs nationales et déclare les Haïtiens unis sous une seule dénomination, effaçant les catégories de couleur héritées de la colonie. C’est de ce texte que H-FRO tire ses couleurs.
Ce sont ces deux teintes que H-FRO reprend, sans les réinterpréter. Et c’est de ce principe d’identité commune que vient la devise de la marque.
Ce que la marque en garde
Deux siècles plus tard, il reste une date, deux couleurs et une idée : une origine commune vaut mieux que les catégories qui séparent.
C’est ce que porte chaque pièce de la collection. Un sceau, deux couleurs, une phrase. Rien d’inventé pour vendre, tout vient de là.
Ensemble ou rien
Repères
Ce qu'on nous demande souvent
Le 1er janvier 1804, proclamée à Gonaïves par Jean-Jacques Dessalines, au terme de treize années de guerre commencées avec l'insurrection d'août 1791.
Parce que c'est le seul cas d'une révolte d'esclaves ayant abouti à la création d'un État souverain. Aucun autre soulèvement de ce type n'a connu la même issue.
Ancien esclave devenu chef militaire de la révolution, il prend la tête de la lutte après la déportation de Toussaint Louverture et proclame l'indépendance en 1804. Il se fait proclamer empereur la même année et est assassiné en 1806.
La bande blanche du drapeau français a été retirée en 1803 parce qu'elle symbolisait le pouvoir colonial. Le noir et le rouge deviennent les couleurs nationales avec la Constitution de 1805.
La marque reprend les couleurs et le principe d'identité commune issus de ce moment fondateur. Son nom rappelle que le peuple qui a gagné cette guerre était un peuple africain.
Une date, deux couleurs, une collection
Les pièces H-FRO reprennent les symboles nés en 1804.